MICKEY ROURKE :
l'homme blessé

« Mickey Rourke : L'Homme Blessé » est un film documentaire de 52' sur la douloureuse trajectoire de Mickey Rourke entre la boxe et le cinéma.

La structure de ce film écrit et réalisé par Laetitia Masson s’appuie sur un exercice ambitieux de narration qui séquence le film en 4 rounds. Telle une tragédie, Laetitia Masson construit méthodiquement une histoire où les films de Mickey Rourke et ce qu'il se passe sur le ring lorsqu'il combat, sont intimement mêlés. Enfant traumatisé, tout jeune boxeur, puis jeune comédien prometteur et enfin acteur glorieux au bord du précipice, il retournera à la boxe pour des raisons incomprises de tous. 

Cette tragédie  de la vie de Rourke nourris d’archives, d'interviews et d'extraits de films donne une fois de plus à Laetitia Masson à voir son indépendance de création qui la caractérise tant.

Nous, vous, tu, ils, seraient happés par son incroyable talent à rencontrer l'intime, la délicatesse et l'étrange vérité sur Mickey Rourke. 

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Un film documentaire de Laetitia Masson sur une idée originale de Brigitte Coquelle
REDSTONE & RnB!FILMS coproduction
Quelques mots de Brigitte Coquelle

"Suivre un peu plus de ce chemin qui fait l’œuvre d’un acteur peut conduire à de l’égarement mais aussi à une autre dimension de la personne qui se situe dans un entre-deux où l’artiste et l’être humain révèlent un 3ème personnage.

On pense tout de suite à Marilyn Monroe qui continue de fasciner non pas par le sex-symbol et l’actrice qu’elle fût, mais bien par la femme inconnue dont l’image se dessine au gré des multiples enquêtes qui ont été menées à son sujet.

La Méthode de l’Actors Studio n’est pas totalement étrangère à ce phénomène. « Faire exister son personnage, en recréant organiquement (par les sens) tout ce qu’il y a à recréer afin de vivre vraiment des circonstances imaginaires à travers sa mémoire affective », ne fut pas sans danger pour Marylin Monroe, Montgomery Clift ou Marlon Brandon.

Ce fut également le cas pour Mickey Rourke".

Quand j’ai vu pour la première fois Mickey Rourke au cinéma j’avais 17 ans. Lui 31. C’était dans Rumble Fish de FF Coppola, un film à la forme singulière dans laquelle Mickey Rourke joue le grand frère de Matt Dillon, et je me souviens d’un plan où il arrive en moto avec un sourire mélancolique, une beauté moderne, et surtout une voix douce qui contrastait avec son côté mauvais garçon. Je l’ai tout de suite trouvé intriguant : ni trop beau, ni trop brut, il avait une grâce ambiguë, une sorte de candeur mélangée à de la noirceur qui lui donnait un mystère inédit. Je ne savais pas encore d’où il venait, ni quel serait son destin, je ne savais pas encore quelle était sa souffrance, je ne savais pas encore qu’il rentrait dans la lumière d’Hollywood comme sur un Ring, et que pour lui, le combat commençait. Je ne savais pas non plus que ce combat métaphorique allait devenir réel, qu’un jour il renoncerait au cinéma pour se lancer dans la boxe. Ce n’est qu’en le voyant disparaitre peu à peu des écrans dans les années 90 puis revenir presque 20 ans plus tard, blessé, détruit par des coups bien réels, mais toujours là, debout, toujours prêt à se battre, que j’ai compris que sa vie avait pris une dimension tragique qui mériterait d’être, un jour, racontée dans un film, et que ses films revus à la lumière de sa chute, racontaient d’une certaine façon l’histoire de sa vie.

Il lutte avec son ennemi intime et perd ce qui lui reste à perdre.

Laetitia MASSON

 

« Je dois rester clean chaque putain de jour

à cause du monstre qui vit en moi.

Je ne veux pas réveiller ce connard. Il est incontrôlable.

Chaque jour il veut sortir. »

Mickey Rourke