PASSER AU LARGE

Bretagne, terre promise ! Pour Jean et Miche, couple de sexagénaires, retraités parisiens, c’est le commencement d’une nouvelle vie dont le premier chapitre est leur installation définitive dans leur maison du Morbihan, jusqu’alors résidence de toutes leurs vacances. Une étonnante demeure d’architecte, tout en verre, face à la mer, dont s’occupe en leur absence Maryannick, une voisine. Dans ce cadre enchanteur, ils seront heureux, c’est certain. Dès leur arrivée, en attendant le camion de déménagement… qui ne devrait plus tarder maintenant… ils se jettent frénétiquement dans de nouvelles occupations : le jardinage pour Miche et l’écriture de ses mémoires pour Jean. Leurs enfants, Hélène et Olivier, mais aussi Mario, le tout nouveau compagnon d’Hélène, viennent participer à cet emménagement. En attendant le camion, on s’occupe, on tue le temps en famille. Mais le camion n'arrive toujours pas ! Si ce retard déconcerte parents comme enfants, c’est l'annonce de sa disparition qui finit par révéler les failles, les non-dits et les rancœurs de cette merveilleuse famille dans cette merveilleuse maison.

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Scénario et réalisation de CG DELAHAYE
 
, Thomas BLUMENTHAL Avec Chantal LAUBY, Daniel PRÉVOST, Pascal DEMOLON, Dominique REYMOND et Muriel COMBEAU

 

En coproduction avec SIÈCLE Productions.

CG DELAHAYE a réalisé plusieurs courts-métrages singuliers où l’absurde flirte avec l’émotion, le cocasse avec le tragique.

Ses courts-métrages les plus primés sont SARDINE déjà interprété par Daniel Prévost (Grand Prix du jury à Beaurepaire et Prix du public - Les Hérault du Cinéma et de la Télé) , CE CHIEN COUCHÉ A SES PIEDS avec Muriel Combeau 

(Prix d’interprétation féminine pour Muriel Combeau – Festival L’Ombre d’un court), et MANGE BROUETTE, RÉPONDRE AU VENT.

MICHE (au téléphone)

... Oui... Je suis heureuse c'est ça, très heureuse... Jean ? Oui aussi je suppose ! Là il galope avec Maryannick devant moi ; lui qui disait avoir une douleur à la hanche tout à l'heure encore dans le train ! Il est comme porté par l'air marin ! Ne ris pas Christine (elle rit aussi) Oui ce sont comme des grandes vacances qui commencent enfin !

 

Un bout du chemin, la maison se devine mais reste discrète. Maryannick et Jean continuent de s'en approcher.

 

MARYANNICK

Et vous n'avez pas peur de regretter Paris ?

 

JEAN (ironique)

Paris ? Je vous assure Maryannick qu'on en fait le tour en 50 ans !

 

Jean détourne le regard vers Miche qui les suit toujours à distance.

 

MICHE (toujours volubile, au téléphone)

... Je vois presque la maison maintenant... Jean me cache un peu la vue mais c'est superbe... Je me sens bien... Je suis dans le même état qu'Armstrong... Mais non pas le cycliste ! (comme grisée) Celui de la lune... Je viens d'y poser les deux pieds !

 

Jean arrive enfin avec Maryannick, toujours bicyclette à la main, au pied du perron de la maison d’allure contemporaine.

 

JEAN (à Maryannick avec un signe de la main indiquant vaguement la direction)

Maryannick avancez jusqu'à la terrasse je vous rejoins...

 

Maryannick s'engage sur une petite allée qui contourne la maison et dévoile une vue magnifique sur la mer du Golfe du Morbihan. Elle s'immobilise dans le jardin, visiblement touchée par la majesté du lieu.

 

Elle détourne son regard à l'arrivée tonitruante de Miche qui monte l'escalier et poursuit son interminable conversation téléphonique.

 

MICHE (toujours exaltée)

Ça y est ! ... Je suis sur la terrasse. (regardant elle aussi la mer) Des reflets d'argent... Oui comme dans la chanson (elle rit encore)...

 

Maryannick, qui la regarde, partage cette joie d'un autre sourire un peu forcé qu'elle éteint bien vite.

 

MICHE

... Il a du venir ici Trenet pour écrire un truc pareil ! C'est... C'est beau... Je ne sais plus quoi dire...